François Hollande a été choisi par la majorité des électeurs français pour succéder à Nicolas Sarkozy et devient donc le 7e président de la Ve République.
Cette fois-ci, peut-être à cause des conditions climatiques favorables mais aussi suite au long week-end de jours fériés au Japon, la mobilisation pour le scrutin a été inférieure à celle du tour précédent. Toutefois les résultats sont là, les expatriés, et c'est une première au Japon, ont voté majoritairement pour François Hollande. (résultats ici)
Quels enseignements pourrait-on en tirer si ce n'est que ces chiffres représentent certainement des choix similaires à ceux de la métropole ? Toutefois le vote des expatriés s'attache sans doute plus à une pensée idéologique qu'à un rejet de la personne de Sarkozy. Il semble en effet difficile d'établir un parallèle entre les préoccupations des Français de métropole et celles des Français de l'étranger.
Quelle teinte politique pourrait-on donner par exemple au choix des 158 électeurs s'étant exprimés au 1er tour pour Mme Le Pen ?
Quelles pouvaient être leur motivation à voter pour une personne qui suggère le repli sur soi-même et le rejet de l'étranger alors qu'ils résident eux-mêmes dans un autre pays que le leur ?
Où et comment s'est exprimé leur choix pour ce 2e tour ?
La réponse qui voudrait appuyer la thèse du « rejet de Sarkozy » semble peu probable puisque nous ne vivons pas tout à fait dans le même environnement que les métropolitains.
Les situations sociales, les préoccupations économiques et les attentes sur l'avenir ne sont forcément pas identiques que l'on réside à Florange, Clermont-Ferrant ou Tokyo.
Il semblerait donc que le vote se portant sur M. Hollande soit véritablement, ici à 10 000 kms de la France, un signe d'adhésion en sa faveur et non pas un choix par défaut.
Le Japon, c'est historique, s'est exprimé sans ambiguïté.
Il fallait se lever tôt ce matin (4heures, Tokyo) pour assister à ce duel tant annoncé et tant attendu, même ici à 10 000 kilomètres. C'est donc avec courage que je me suis préparé, café à la main, à écouter les protagonistes de la finale développer leurs arguments. (Grand merci par ailleurs à internet et aux sites qui transmettaient en direct).
Mon opinion personnelle étant déjà faite, je me suis plutôt attaché à observer les comportements et le style des candidats pour tenter de comprendre ce qui pouvait motiver deux hommes à courir après tant de responsabilités.
Par ordre de tirage au sort, François Hollande a débuté sa prestation par une présentation de ses motivations en regardant droit devant lui (c'est à dire face à N. Sarkozy). Le tout a duré 3 ou 4 minutes, bien ficelé par un vocabulaire simple et accessible.
Ce fut ensuite au tour de Nicolas Sarkozy qui, tout en fixant exagérément les deux présentateurs, a mixé sa vision de la fonction avec des données concernant son bilan des 5 années écoulées.
Le candidat socialiste, installé bien droit dans son siège, a pris soin de noter régulièrement les propos sur lesquels il se devait de revenir et n'a laissé aucune amplitude d'action à l'adversaire pour peaufiner ses attaques. Chacune des offensives lancées contre lui a été immédiatement bridée par de nombreuses et diverses réactions (corrections de chiffres, insistance à vouloir des réponses, rappels du bilan, etc…)
Monsieur Sarkozy, quelque peu surpris par la vivacité et la force de son contradicteur, a dû rapidement remettre à jour son logiciel de candidat pugnace et bagarreur qui avait forgé son image de battant. Il semblait regretter d'avoir trop longtemps sous-estimé cet adversaire mais donnait également l'impression d'être soulagé finalement de ne pas avoir obtenu les 3 débats demandés… Qu'en serait-il sorti ?
Nous nous sommes donc engagés dans les thèmes de débat proposés par les journalistes et chacun y est allé de sa démonstration, sans concessions, en marquant son territoire, tout en nous laissant comprendre que le moindre faux-pas serait immédiatement et irrémédiablement sanctionné. C'est d'ailleurs un peu pour cela que nous assistions à ce match.
Le développement des programmes n'était pas un but mais un moyen de débusquer l'autre et tenter de le piéger. Le travail de l'image a été quasi parfait puisqu'aucun des deux n'a commis d'erreur fatale et pour ces raisons, on peut dire que le résultat du match est égal.
Alors pourquoi et quel intérêt à se livrer bataille dans ce combat apprécié des Français ?
Parce que la faute est payée « cash », le faux-pas est éliminatoire, un sourire peut amener à un malentendu rédhibitoire et un mauvais mot disqualifier.
Le peuple français qui, quoi qu'il en dise aime la politique, a hérité de cette joute par sa culture.
Ce soir, beaucoup de sujets ont été abordé, avec pour certains trop de technicité. Nous serions ingrats de reprocher à nos finalistes de ne pas s'être engagés. Ils sont allés au combat, chacun avec ses armes, en avançant, en reculant, en esquivant, avec sincérité ou un peu de mauvaise foi mais ils s'y sont lancés.
On ne pouvait pas ignorer d'ailleurs avec quel plaisir ils s'y adonnaient. Alors ne soyons pas mesquins, mauvais joueurs ou blasés, nos finalistes se sont tenus têtes, bravement et avec conviction. Et même s'il faut en prendre et en laisser, mettons à leur crédit que la politique peut avoir quelquefois du bon.
Combien aurons-nous été à assister à ce débat tout en sachant que cela ne changerait pas grand chose de toute façon ? Nombreux, très certainement.
Ce match dont beaucoup de commentateurs décrèteront un résultat nul, gardera en tout cas tout son intérêt et son pouvoir d'attraction. Nous serons nombreux à aller voter dimanche en pensant déjà à la victoire de notre champion.
"Alea jacta est !"







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